L’absence de Lys Fraîche Tiwa dans la liste des Lionnes Indomptables en vue de la prochaine Coupe d’Afrique des Nations féminine continue d’alimenter les débats dans les milieux sportifs camerounais. Alors que l’attaquante réalise l’une des meilleures saisons de sa jeune carrière, de nombreux observateurs peinent à comprendre pourquoi la meilleure buteuse du championnat féminin camerounais ne figure toujours pas parmi les joueuses retenues en sélection nationale.
Récompensée récemment par le Ballon d’Or féminin camerounais et auteure de performances remarquables sous les couleurs de son club, Lys Fraîche Tiwa semblait pourtant réunir tous les arguments sportifs nécessaires pour prétendre à une convocation chez les Lionnes Indomptables. Son efficacité devant les buts, sa régularité tout au long de la saison et son influence grandissante dans le football féminin national faisaient d’elle une candidate naturelle à une place dans l’effectif appelé à défendre les couleurs du Cameroun sur la scène continentale.
Pourtant, malgré ses statistiques impressionnantes et les nombreuses sollicitations de supporters réclamant sa présence en sélection, son nom continue d’être absent des différentes listes publiées par le staff technique national. Une situation qui suscite interrogations, incompréhensions et parfois même indignation chez certains amoureux du football féminin.
Au-delà des simples considérations sportives, plusieurs observateurs estiment que cette absence pourrait trouver son origine dans un épisode remontant à la Coupe du monde féminine U17 disputée au Maroc.
Le souvenir d’une vidéo qui avait fait grand bruit
À la veille de cette compétition mondiale, plusieurs joueuses de la sélection camerounaise U17 avaient enregistré une vidéo devenue rapidement virale sur les réseaux sociaux. Dans cette séquence, les jeunes internationales réclamaient le retour de leur ancien entraîneur Joseph Ndoko, écarté par la Fédération camerounaise de football dans un contexte particulièrement sensible.
Cette prise de parole avait surpris l’opinion publique. Il est relativement rare de voir des joueuses, surtout à un âge aussi jeune, exprimer publiquement leur désaccord avec une décision prise par leur fédération.
Pour les jeunes Lionnes, il s’agissait avant tout d’un message de soutien à un technicien qu’elles connaissaient bien et avec lequel elles avaient construit une relation de confiance. Plusieurs d’entre elles estimaient que Joseph Ndoko avait joué un rôle important dans leur progression sportive et souhaitaient le voir poursuivre son travail à la tête de l’équipe.
Cependant, au niveau des instances dirigeantes du football camerounais, cette démarche aurait été interprétée de manière totalement différente.
Une initiative perçue comme un acte d’insubordination
Selon plusieurs sources proches du dossier, la vidéo aurait été très mal accueillie par certains responsables de la FECAFOOT.
Au lieu d’être considérée comme une simple manifestation d’attachement à un entraîneur, elle aurait été perçue comme une contestation ouverte de l’autorité fédérale.
Dans une institution où la discipline et le respect de la hiérarchie occupent une place importante, le fait que des joueuses prennent publiquement position contre une décision administrative aurait été considéré comme un précédent dangereux.
Certaines sources évoquent même un sentiment d’humiliation ressenti par certains dirigeants, qui auraient estimé que leur autorité avait été publiquement remise en question.
Même si aucune sanction officielle n’a jamais été annoncée, plusieurs observateurs estiment que cet épisode continue d’avoir des répercussions sur la carrière internationale de certaines joueuses impliquées dans cette affaire.
Des sanctions jamais reconnues officiellement
L’un des aspects les plus controversés de cette affaire réside dans l’absence totale de communication officielle.
Aucune décision disciplinaire n’a été rendue publique.
Aucune joueuse n’a été suspendue.
Aucun communiqué de la FECAFOOT n’a annoncé l’existence de mesures prises à l’encontre des jeunes internationales.
Pourtant, de nombreux observateurs ont remarqué qu’après cette Coupe du monde U17, plusieurs joueuses ayant participé à la vidéo ont progressivement disparu des radars des différentes sélections nationales.
Cette situation a alimenté les soupçons.
Certains y voient la preuve de l’existence de sanctions officieuses.
D’autres considèrent qu’il ne s’agit que d’une coïncidence liée à l’évolution naturelle des effectifs et aux choix des différents sélectionneurs.
Faute d’éléments officiels, le débat demeure ouvert.
Le cas emblématique de Lys Fraîche Tiwa
Parmi toutes les joueuses concernées par cette controverse, le cas de Lys Fraîche Tiwa est sans doute celui qui suscite aujourd’hui le plus de réactions.
Contrairement à d’autres anciennes pensionnaires des sélections de jeunes, elle n’a cessé de progresser depuis son passage en équipe U17.
Saison après saison, l’attaquante s’est imposée comme l’une des figures majeures du football féminin camerounais.
Ses performances en Guinness Super League parlent pour elle.
Meilleure buteuse du championnat, elle a démontré une remarquable efficacité devant le but. Son sens du placement, sa vitesse d’exécution et sa capacité à faire basculer une rencontre lui ont permis de s’imposer comme l’une des attaquantes les plus redoutées du pays.
Son sacre au Ballon d’Or féminin est venu confirmer cette montée en puissance.
Pour beaucoup, ces performances auraient dû lui ouvrir naturellement les portes de l’équipe nationale A.
Pourtant, la convocation tant attendue ne vient toujours pas.
Une absence difficile à justifier sportivement
Dans le football moderne, les performances en club constituent généralement le principal critère de sélection.
Les joueuses qui brillent régulièrement dans leur championnat sont souvent récompensées par une place en sélection nationale.
C’est précisément ce qui rend le cas de Lys Fraîche Tiwa particulièrement intrigant.
D’un point de vue strictement sportif, peu d’arguments semblent justifier son absence.
Elle marque des buts.
Elle enchaîne les bonnes performances.
Elle accumule les distinctions individuelles.
Elle figure parmi les joueuses les plus régulières du championnat.
Malgré cela, son nom ne figure pas parmi les joueuses retenues pour les grands rendez-vous internationaux.
Cette situation nourrit inévitablement les spéculations.
Le débat sur le mérite sportif
L’affaire Lys Fraîche Tiwa soulève une question plus large : les sélections nationales doivent-elles être exclusivement basées sur les performances sportives ?
Pour de nombreux observateurs, la réponse est évidente.
Les meilleures joueuses du moment doivent être sélectionnées, indépendamment des considérations extra-sportives.
Selon cette logique, une joueuse qui domine son championnat mérite au minimum une opportunité de démontrer sa valeur au niveau international.
D’autres rappellent toutefois que les sélectionneurs prennent également en compte des critères liés à l’équilibre du groupe, à la discipline ou à l’adaptation tactique.
Même si ces éléments peuvent parfois expliquer certaines absences, ils ne suffisent pas toujours à convaincre lorsqu’il s’agit d’une joueuse aussi performante que Lys Fraîche Tiwa.
Une situation qui interroge les supporters
Les supporters des Lionnes Indomptables suivent cette affaire avec beaucoup d’attention.
Sur les réseaux sociaux, nombreux sont ceux qui réclament une explication claire concernant l’absence de l’attaquante.
À chaque publication d’une liste de joueuses convoquées, son nom revient parmi les principaux sujets de discussion.
Certains estiment que le football féminin camerounais ne peut pas se permettre d’écarter durablement ses meilleures joueuses.
D’autres demandent simplement davantage de transparence dans les choix opérés par le staff technique.
Les enjeux de la prochaine CAN
À l’approche de la Coupe d’Afrique des Nations féminine, cette polémique prend une dimension particulière.
Le Cameroun ambitionne de retrouver les premiers rôles sur la scène continentale et de rivaliser avec les meilleures nations africaines.
Pour atteindre cet objectif, plusieurs observateurs estiment qu’il est indispensable de réunir les joueuses les plus performantes du moment.
Dans cette perspective, l’absence de la meilleure buteuse du championnat apparaît difficile à comprendre.
Chaque compétition majeure nécessite de disposer des meilleures armes possibles, notamment sur le plan offensif.
Or, les statistiques de Lys Fraîche Tiwa montrent qu’elle possède précisément les qualités recherchées pour renforcer l’attaque des Lionnes.
Une carrière internationale au point mort
Pendant que les débats se poursuivent, la principale concernée continue de se concentrer sur ses performances en club.
Malgré les obstacles et les interrogations, elle poursuit sa progression et confirme son statut de valeur sûre du football féminin camerounais.
Toutefois, l’absence prolongée de perspectives en sélection pourrait finir par peser sur son évolution.
Pour de nombreuses joueuses, porter le maillot national représente l’aboutissement d’années de travail et de sacrifices.
Être privée de cette opportunité malgré des performances remarquables peut naturellement susciter frustration et incompréhension.
Une affaire qui dépasse le cas individuel
Au-delà du cas de Lys Fraîche Tiwa, cette situation relance le débat sur la gestion des talents dans le football camerounais.
Elle pose la question de la place accordée au mérite sportif, de la transparence des processus de sélection et des conséquences que peuvent avoir certains épisodes du passé sur les carrières des joueurs et joueuses.
Tant qu’aucune explication officielle ne sera apportée, les interrogations continueront d’alimenter les discussions.
Une chose demeure cependant incontestable : grâce à ses performances exceptionnelles en Guinness Super League et à son Ballon d’Or féminin, Lys Fraîche Tiwa s’est imposée comme l’une des figures les plus marquantes du football féminin camerounais actuel. Et pour beaucoup d’observateurs, son talent mérite tôt ou tard de retrouver une place sous le maillot des Lionnes Indomptables.






















