Le débat sur les responsabilités de la non-qualification des Lions Indomptables du Cameroun à la Coupe du monde 2026 continue d’alimenter les discussions au Cameroun. Après les prises de position d’analystes, journalistes et anciens joueurs, c’est au tour du professeur Jean Bahebeck de livrer une analyse particulièrement tranchée.
Pour l’universitaire, le principal responsable de cet échec est clairement l’État du Cameroun.
Selon lui, l’une des erreurs majeures ayant conduit à l’élimination des Lions réside dans le choix du sélectionneur Marc Brys.
Jean Bahebeck estime que le casting effectué pour le poste de sélectionneur n’était pas à la hauteur des ambitions d’une nation historique du football africain comme le Cameroun.
Dans son analyse, il critique frontalement le profil de Marc Brys, qu’il considère insuffisant pour porter un projet aussi exigeant que celui des Lions Indomptables.
Pour lui, le Cameroun aurait dû viser beaucoup plus haut.
Invité de l’émission La Grande Palabre sur Noetempra TV, l’universitaire a estimé qu’un pays avec le prestige footballistique du Cameroun devrait attirer des techniciens de tout premier plan.
Il cite notamment des figures emblématiques du football mondial comme Michel Platini, Arsène Wenger ou encore Alex Ferguson pour illustrer le niveau d’exigence qu’il estime nécessaire. « Pourquoi on ne peut payer Platini pour venir au Cameroun. Si vous voulez un blanc, recrutez un vrai blanc. On connait les vrais entraineurs : Arsène Wenger, Ferguson… Alex Ferguson a pris sa retraite. Pourquoi on ne peut pas convaincre Alex Ferguson de venir ici. D’où vient-il que c’est un type qui était Sdf en Belgique c’est-à-dire un enfant de la rue qui n’a été ni grand joueur ni grand entraineur qu’on recrute. Il a été entraineur mais au sous-quartier. »
Son raisonnement est clair : si l’État souhaite confier les Lions à un technicien étranger, ce dernier devrait avoir un pedigree international incontestable.
Selon Jean Bahebeck, le choix de Marc Brys traduit une erreur de jugement dans l’évaluation du profil adapté au Cameroun.
Au-delà du cas de l’entraîneur, cette sortie relance une fois de plus le débat sur la gouvernance du football camerounais.
Depuis l’élimination du Cameroun, deux grandes lectures s’opposent.
La première accuse principalement FECAFOOT et son président Samuel Eto’o d’avoir contribué à la déstabilisation de l’environnement des Lions.
La seconde pointe surtout la responsabilité de l’État, du ministère des Sports et du processus ayant conduit à la nomination du sélectionneur.
Jean Bahebeck s’inscrit clairement dans cette seconde lecture.
Pour lui, la responsabilité première se situe au niveau des décideurs ayant piloté la stratégie sportive et technique de la sélection nationale.
Son intervention reflète une frustration plus large observée chez de nombreux observateurs, déçus de voir une nation comme le Cameroun absente de la prochaine Coupe du monde 2026.
L’échec est d’autant plus difficile à digérer que le Cameroun reste historiquement l’une des grandes puissances du football africain.
L’absence des Lions à ce rendez-vous mondial est donc perçue comme un véritable séisme sportif.
Une chose est certaine : à mesure que les analyses se multiplient, le débat devient de plus en plus polarisé entre partisans de la responsabilité de l’État et défenseurs de la responsabilité de la FECAFOOT.
Mais au-delà des camps, une conclusion semble faire consensus : le football camerounais devra impérativement tirer de profondes leçons de cet échec pour éviter qu’un tel scénario ne se reproduise à l’avenir.





















