Les Lions indomptables vont chômer lors de la prochaine période FIFA. Officiellement, le Cameroun sera absent pour des raisons sportives. Mais en coulisses, l’absence des Lions sur la scène internationale en juin serait occasionnée par la petitesse des propositions reçues par la fédération n’ont pas convaincu Samuel Eto’o,
Tous les internationaux camerounais sont désormais en vacances. Contrairement à la plupart des autres sélections nationales africaines, qu’elles soient qualifiées ou non pour la Coupe du monde, celle du Cameroun restera inactive dans la dernière fenêtre du calendrier FIFA de la saison.
Dans un communiqué publié, le 27 mai, par la Fédération camerounaise de football (Fecafoot), l’instance explique : « Le sélectionneur, David Pagou, a décidé de ne pas programmer de regroupement ni de rencontre au mois de juin. Cette décision vise à permettre aux internationaux de bénéficier d’une période de récupération indispensable. »
La fédération a assuré « prendre acte de cette décision », tout en renouvelant sa confiance au technicien, quart de finaliste de la dernière CAN, au Maroc. Après tout, d’autres sélections, comme celles de la Zambie, du Gabon et du Congo, ont fait le choix de ne pas jouer en juin. L’argument de laisser souffler les joueurs peut s’entendre, après une saison chargée, même si ce n’est pas la meilleure des manières de préparer les qualifications pour la CAN 2027, qui débuteront en septembre prochain. L’annonce de la Fecafoot n’a en tout cas visiblement pas convaincu au Cameroun, et les plus sceptiques ont des raisons de l’être.
Iran, Uruguay, Irak et Bosnie : tous refusés
Le 13 mai, lors de l’inauguration du nouveau siège de la fédération, à Warda, le sélectionneur avait déclaré qu’il souhaitait que son équipe dispute deux rencontres. Plusieurs sources concordantes ont même confirmé à Jeune Afrique que des équipes qui joueront le prochain Mondial ont approché l’instance. Ainsi, l’Iran avait proposé un match le 4 juin à Antalya, en Turquie, la fédération asiatique prenant en charge l’hébergement des Camerounais, en plus d’un cachet de 70 000 euros. La Fecafoot a refusé, et c’est finalement le Mali qui affrontera les Iraniens dans les mêmes conditions.
La Bosnie-Herzégovine avait, quant à elle, proposé 45 000 euros et l’hébergement à Sarajevo à la fin de mai, et l’Irak seulement la prise en charge pour une confrontation en Espagne, sans que leurs offres respectives ne convainquent Samuel Eto’o, le président de la Fecafoot. L’Uruguay a lui aussi été éconduit. La fédération sud-américaine souhaitait jouer un dernier match à Montevideo avant de s’envoler pour les États-Unis, et avait contacté le Mali, le Burundi et le Cameroun. Mais là encore, la proposition, comportant seulement la prise en charge sur place, combinée à la longueur du voyage, n’a pas enthousiasmée Eto’o.
Le Cameroun aurait donc pu jouer au moins un match amical au mois de juin. « Si la Fecafoot avait reçu une proposition financière intéressante, elle aurait accepté, car, sportivement, la sélection avait tout intérêt à jouer, et Pagou le souhaitait. Il ne faut pas oublier que ses relations avec l’État sont tendues et que Samuel Eto’o a besoin de faire rentrer de l’argent dans les caisses de l’instance », souligne une source proche du dossier.
Du côté du ministère des Sports, qui a obtenu les mêmes informations que Jeune Afrique, un proche du ministre Narcisse Mouelle Kombi estime que « quand on a l’opportunité d’affronter une équipe qui va jouer la Coupe du monde, même pour 45 000 ou 70 000 euros, on y va et on aligne sa meilleure équipe. » Contacté par JA, Isaac Mandong, le secrétaire général de la Fecafoot, n’a pas donné suite à nos sollicitations.






















