Réagissant à la non-participation du Cameroun à la Coupe du monde 2026 sur le plateau de l’émission Africa Vision Sport sur Vision4, Pierre Lebon Elanga a tenu un discours mesuré mais ferme. S’il reconnaît certaines avancées enregistrées sous l’actuel exécutif de la Fédération Camerounaise de Football (FECAFOOT), il estime néanmoins que le football camerounais traverse une crise profonde qui exige une remise en question collective. Pour lui, au-delà des querelles de personnes et des clivages habituels entre soutiens et opposants des dirigeants actuels, le moment impose lucidité, responsabilité et autocritique.
L’ancien journaliste des sports de la CRTV refuse de se laisser enfermer dans les camps qui polarisent aujourd’hui le débat autour du football camerounais. Il revendique une posture d’observateur indépendant, attaché uniquement à l’analyse des faits. Dans un environnement où chaque prise de parole est souvent interprétée comme un soutien ou une attaque contre un camp précis, il insiste sur sa liberté de ton.
« Si l’exécutif actuel nous offre le siège, je suis un églisien mais s’il y a d’autres problèmes où je peux accuser l’exécutif actuel, je serais hibou et je m’en fous de ce que les gens penseraient de mes positions. Je suis un libre-penseur. Je gère l’actualité. Quand c’est bon, c’est bon. Quand ce n’est pas bon, ce n’est pas bon », a-t-il déclaré.
À travers cette sortie, Pierre Lebon Elanga dénonce implicitement la polarisation excessive qui entoure aujourd’hui le football camerounais. Selon lui, les débats se résument trop souvent à des affrontements entre camps opposés, au détriment d’une analyse objective des véritables problèmes. Dans ce climat, toute critique est immédiatement perçue comme une hostilité politique, tandis que tout soutien est assimilé à un alignement idéologique.
Pour l’ancien journaliste de la CRTV, cette logique constitue un frein majeur à l’amélioration du football national. Il estime qu’il est urgent de sortir de cette opposition permanente pour se concentrer sur l’essentiel : comprendre pourquoi le Cameroun, nation historique du football africain, a échoué dans sa mission de qualification pour le Mondial 2026.
L’élimination des Lions Indomptables a été vécue comme un choc par de nombreux Camerounais. Habitué à être l’un des porte-étendards du football africain sur la scène mondiale, le Cameroun voit son absence au Mondial comme une blessure sportive et symbolique. Pour beaucoup, cet échec dépasse largement le simple cadre d’une campagne ratée. Il interroge sur l’état général du football camerounais, son organisation, sa gouvernance et sa capacité à rester compétitif au plus haut niveau.
C’est précisément sur ce point que Pierre Lebon Elanga insiste. Selon lui, l’échec du Cameroun n’est pas la responsabilité d’un seul individu ou d’une seule institution. Il considère au contraire que toutes les composantes du football national portent une part de responsabilité.
Cette responsabilité est collective : dirigeants, fédération, encadrement technique, joueurs, observateurs, médias et même supporters doivent accepter de faire leur examen de conscience.
« Je n’ai pas un problème de personne. Ça ne me regarde pas. Si nous ne faisons pas une introspection, si on ne fait pas l’autocritique, on n’ira même pas à la CAN », a-t-il averti.
Cette déclaration traduit une inquiétude profonde. Pour Pierre Lebon Elanga, le risque ne se limite pas à l’échec du Mondial 2026. Si aucune correction sérieuse n’est apportée, le Cameroun pourrait connaître d’autres désillusions majeures lors des prochaines échéances, y compris la Coupe d’Afrique des Nations.
Son message se veut donc à la fois un constat sévère et un avertissement. Il appelle les responsables du football camerounais à abandonner les querelles stériles et à privilégier une réflexion de fond sur les dysfonctionnements actuels.
L’ancien journaliste estime qu’il faut avoir le courage de regarder la réalité en face, sans faux-semblants ni stratégies de communication. Il insiste sur la nécessité d’une remise en question honnête.
« Il faut que nous ayons le courage de nous regarder devant un miroir. Qu’on se dise que ce qui est arrivé ne doit plus arriver », a-t-il martelé.
Cette image du miroir illustre parfaitement son appel à l’introspection. Pour lui, le football camerounais ne pourra progresser qu’à partir du moment où ses acteurs accepteront de reconnaître leurs erreurs et d’en tirer les leçons.
Dans son analyse, Pierre Lebon Elanga reconnaît toutefois que l’actuel exécutif de la FECAFOOT a également posé certains actes positifs. Sans entrer dans les détails, il admet que tout n’est pas à jeter dans la gestion actuelle du football camerounais. Cette nuance renforce son positionnement de libre penseur, refusant les jugements extrêmes.
Son discours s’inscrit ainsi dans une logique d’équilibre : reconnaître ce qui a été bien fait, tout en dénonçant clairement les insuffisances.
Pour de nombreux observateurs, cette posture est de plus en plus rare dans le débat public camerounais, où les prises de position sont souvent très tranchées.
Au-delà de la FECAFOOT, les propos de Pierre Lebon Elanga interpellent l’ensemble de l’écosystème du football national. Ils posent des questions fondamentales : comment reconstruire après cet échec ? Comment éviter que les mêmes erreurs se reproduisent ? Comment restaurer la sérénité autour des Lions Indomptables ?
Autant de questions auxquelles les dirigeants du football camerounais devront répondre dans les mois à venir.
Une chose est certaine : l’absence du Cameroun à la Coupe du monde 2026 restera comme l’un des épisodes les plus douloureux de l’histoire récente des Lions Indomptables. Mais pour Pierre Lebon Elanga, cette désillusion peut aussi devenir un point de départ vers une reconstruction, à condition que chacun accepte de prendre sa part de responsabilité.
Son message est clair : le football camerounais ne retrouvera sa grandeur que par la vérité, l’autocritique et une volonté collective de changement. Sans cela, les mêmes causes risquent inévitablement de produire les mêmes conséquences.






















